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Séminaire "Les jeudis du Grhapes"- 2019-2020 "Altérité(s) et société inclusive

Publié le 13 septembre 2018 Mis à jour le 13 septembre 2018

L’objectif de ce séminaire est de contribuer à la réflexion, aujourd’hui engagée socialement et sur le plan de la recherche, sur ce qu’est (et ce que devrait être) une société inclusive dans son rapport à l’altérité et aux différentes formes qu’il peut prendre.

Date(s)

du 24 janvier 2019 au 23 mai 2019

14h00-16h00
Lieu(x)
INSHEA
58/60 avenue des Landes
92150 Suresnes - France
Tél. : 0033(0)1 41 44 31 00
contact@inshea.fr

Tandis que les sociétés anciennes renvoyaient l’altérité à une différence de nature inscrite dans l’ordre même du cosmos, ne nous faut-il pas apprendre à penser l’autre sous le registre du même et de l’identité partagée ? L’universel, nous dit Charles Gardou, c’est « ce qui laisse de côté toutes les particularités, c'est-à-dire ce qui nous sépare ou nous distingue ». Car lorsque l’altérité confine au sentiment d’étrangeté, force est de constater que les différents visages qu’elle nous présente, le handicap, le genre, l’orientation sexuelle, les origines culturelles et religieuses, peuvent susciter des discriminations au sein de la société. Dans l’institution scolaire, l’altérité continue d’être source d’angoisses, de tensions, de malentendus. Or une société dite « inclusive » a le projet de répondre aux besoins de toute la diversité des personnes, sans les assigner à leurs différences, afin de donner à chacune toutes les chances de s’épanouir dans la vie. Ainsi, par exemple, les lois de 2005 et de 2013 concernant la scolarisation des enfants en situation de handicap, prévoient-elle l’inclusion scolaire « de tous les enfants, sans aucune distinction » qu’il s’agisse de handicap, de haut potentiel ou de diversité culturelle, et le respect de leur droit à la différence et à la singularité.

L’enjeu majeur est ici l’équité et la liberté auxquelles chacun a droit, dans le respect de sa dignité d’être humain et de ses potentialités, qu’elles soient normo-typiques ou atypiques. L’inclusion sociale exige donc, pour se réaliser pleinement, la mobilisation des corps, social, politique et économique qui doivent repenser leurs modes de réflexion et d’organisation pour accueillir les personnes les plus fragiles. Comment fonctionne une telle société ? Comment définir précisément un modèle global quand on sait la variabilité des perceptions qu’on peut avoir de l’autre et de son altérité ? Comment fonder une éthique et mettre en œuvre ses principes ? On avancera qu’une société inclusive est une société où il n’y a pas de privilège, pas de vie « majuscule » ni de vie « minuscule » selon le mot de Charles Gardou. Elle part du principe qu’il n’y a pas, en son sein, de distinction dans la dignité : tout le monde fait partie du « nous social » sans s’y réduire, et l’identité collective évolue au gré d’adaptations successives où la responsabilité n’incombe pas aux seules minorités mais à la société tout entière. Si la culture et les représentations sont le fruit d’une histoire qui, tant à l’échelle d’une vie que celle d’une société, reflète une évolution, il n’y a aucune raison que cette histoire se fige ou se calcifie. Rien n’empêche ainsi de tenter une approche inclusive partout où le faire société est à l’œuvre : à l’école, au travail, en politique, dans le monde associatif et les innombrables institutions dans lesquelles se tisse notre socialité.

Responsables scientifiques : Hervé Benoît, Jean-Marc Glénat, Isabelle Queval, Danièle Toubert-Duffort.
Programme prévisionnel (et titres provisoires) 2019-2020 :

- 24 janvier 2019 : « Autour de l’autisme »
Julie Dachez, Sabine Zorn

- 21 février 2019 : « Philosophie du handicap »
Anne-Lyse Chabert, Bertrand Quentin

- 21 mars 2019 : « La question des migrants »
Jean-Luc Primon, Claire Schiff

- 23 mai 2019 : « Altérité du genre »
Simone Emmert, Nassira Hedjerassi

Mis à jour le 13 septembre 2018